Faustroll rencontre encore sa conscience

novembre 25th, 2007 § Laisser un commentaire

Faustrollovitch: Conscience, êtes-vous aux alentours?
Conscience: Allons Faustrollovitch, regardez à vos pieds, je vous talonne…
F: Ah! Si j’avais l’estomac dans les talons et les yeux plus grands que la panse je vous aurais certainement aperçue du coin de l’oeil, chère conscience affamée de science…
C: Est-ce que je comprends que vous tentez de blaguer avec moi?
F: Absolument, entre prendre au sérieux et trop le faire, il y a un abîme de bonne conscience…
C: Allons Faustrollovitch, ne cherchez pas à épater la galerie par vos beaux discours, il n’y a que vous et moi ici.
F: Vous croyez?
C: Cet échange n’a t’il pas lieu entre vos deux ou trois oreilles?
F: Conscience, vous m’étonnez!
C: Allons, ce n’est que de l’auto-dérision.
F: Je suis rassuré alors.  Rassuré dans la mesure où on peut l’être lorsque sa propre conscience d’ordinaire si peu versée dans l’ornementation se met à l’auto-dérision! Devrais-je m’en réjouir?
C: Vous m’avez presqu’eu avec votre flamboyance.  Vous n’êtes pas ici pour rien.  Passons aux choses sérieuses voulez-vous…
F: J’espérais cette question plus tôt!
C: N’espérez plus, nous y sommes.
F: Alors voilà: j’ai eu cette discussion hier avec un joyeux copain de mien.
C: Oui je l’ai suivie avec intérêt, cette discussion.  Vous voulez parlez de ce que vous nommiez “moment de lucidité” ou encore “épiphanie”?
F: Ces moments sont vos manifestations les plus spectaculaires chère conscience.  Ils sont ceux qui guident toujours ma vie vers un avenir meilleur, je vous l’affirme avec humilité.  Pour tout dire, malgré tout mon intérêt profond pour ces moments décisifs, ce n’est pas de cela que je souhaiterais m’entretenir avec vous aujourd’hui.
C: Bien, qu’est ce qui vous chicotte, alors?
F: Eh bien je voudrais faire un bref retour sur le bien et le mal, mais pas sur le conflit moral. De cela nous en avons longuement discuté auparavant.
C: Certes, mais sous quel angle souhaitez-vous aborder ce sujet?
F: Comment dire… Sur la simple, générale, triviale mais si fondamentale question : “Suis-je bien?”
C: Je ne crois pas qu’il soit question de morale ici, effectivement.
F: Et bien, en partie.  Je crois que l’être-bien (proche parent illégitime du bien-être), est aussi et surtout affaire de désir.  Soyons d’accord pour dire que la morale peut ruiner le désir!  C’est pourquoi la morale tend à être nocive quand il est question de l’être-bien.
C: Vous faites l’apologie de Sade, garnement?
F: Si peu! Ma morale m’empêche de le rejoindre complètement, hélas…
C: Alors vous réfléchissez abstraitement à vos désirs…
F: Non, pas du tout voyons.  Je dis seulememt que de se demander: “Suis-je bien?”, et de prendre les moyens pour toujours arriver à répondre par l’affirmative est le meilleur antidote à la stagnation, la peur, la nostalgie, l’angoisse et autres causes de malheur et d’insatisfaction.
C: Vous faites un excellent théoricien, Faustrollovitch.
F: Vous trouvez encore le moyen de blaguer?
C: Je ne blague pas, vous nagez dans les voeux pieux et la belle théorie.  J’ai même envie de parler de “pensée positive”.  L’heure est grave et je ne blague surtout pas…
F: Allons cosncience!  Combien de fois vous ai-je posé cette question, à savoir si j’étais bien ou pas?
C: Mmmm.  C’est vrai, à bien y penser vous me l’avez souvent posée ces deux dernières années…
F: Coïncidence ou pas, chère conscience, je n’ai jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui… J’ai atteint un plateau, que dis-je!  Un Plateau!
C: C’est vrai que vous n’êtes plus la personne complètement égarée qui a fini que par redécouvrir ma présence il y a près de 2 ans…
F: Les messages dans les biscuits chinois m’ont été d’un grand secours.  Il y a des millénaires de sagesse enfouis dans ces médiocres biscuits.
C: A savoir?
F:Let your heart guide you – Laissez votre coeur vous guider.
C: C’est à pleurer de vérité!
F: Oui, surtout après un excellent pad thaï!

Foustoll rencontre… Gérard

octobre 16th, 2006 § 20 Commentaires

Ce soir à Faustroll rencontre… nous recevons en première mondiale: Gérard.  Gérard est un quidam, un anomyme qui possède l’innocence du bon peuple, un esprit humble mais sage, qui rejoint l’archétype de la vérité sous sa forme élémentaire…
 
Gérard: De kossé?
 
Faustroll: Minute Gérard, il faut que je finisse l’introduction.
 
G: Vas-y, pas de problème pantoute, j’trouve ça jusse un peu long, tsé. Entéka.  Shoot.  Introductionne!
 
F: …bon je disais, Gérard, celui qu’on voudrait être quand l’existence devient existentielle… histoire de tirer la fiche pour quelques instants quand les fusibles sont prêts à sauter.  Alors, Gérard, Bonsoir!
 
G: Bonsoir, môssieu Foustroll.
 
F: Comment allez-vous Gérard?
 
G: Comment ça "vous" long comme le bras?  Tchèque! Chu tu seul icitte, on est pas une gang!
 
F: Ok, Gérard, comment vas-tu…
 
G: Pas pire, pas pire, eille sont où les 800 invités?
 
F: (un peu gêné) Ils devraient arriver d’une minute à l’autre, faut pas s’inquiéter…
 
G: (PCHHH! PCHHHH!) C’est ça tes gros micros?
 
F: Oui.
 
G: Sont pas si tant gros que ça…  Ch’pensais qu’y étaient gros de mêgne. Tsé, suuuuuper big.  Y’a rien là tes micros.  T’as-tu pogné ça su Radio-Scrap?
 
F: Ça Gérard l’auditeur le sait pas, il faudrait garder certains mystères quand-même.
 
G: Toé pis tes mystéres…
 
F: Bon Gérard j’ai quelques question pour toi.  D’abord parles-nous de toi, les 480000 auditeurs de l’émission ne te connaissent pas.  Tu es beaucoup trop anonyme.  Vas-y.
 
G: Bon ben mon épouse est ben fine.  A m’attend dans l’char.  Est ben fatikante mais je l’aime ben gros pareil.  A l’a des ben grosses boules!  Ha! Ha!
 
F: (Rire diaphragmatique intense, suivi de vomissements ravalés)
 
G: Pis j’travaille chez Weston ça fait 25 ans.
 
F: (Avec un goût mauvais dans la bouche) Tu fais quoi?
 
G: J’ouvre des racks de pain pis j’les mets sul convoyeur. 
 
F: Depuis 25 ans?
 
G: Ben quin.  C’est ben correct, chu payé 18 piasses de l’heure.
 
F: Gérard, c’est quoi pour toi le sens de la vie?
 
G: Chu pas sûr de comprendre la question, mais une bonne game de hockey avec d’la biére c’est l’fun en crime.  Aller aux totons d’temps en temps.  Des affaires de mêgne.  C’est-tu ça tu voulais savoir?
 
F: Euh.  Est-ce que c’est moi qui a rien compris?
 
G: Bon ben chu tanné-là, écoute ben ça… Bienvénu dans Foustroll rendcon.  Ça l’a été enrégistré dans des micros pas mal laittes. Pis?  Pas pire?
 
F: Bon merci Gérard, t’aurais pas un peu de pain pour moi?
 
G: Ben sûr, m’a te faire des grilled-cheese sul radiateur.  Viens-t’en on va aller voir ma femme.  J’espère qu’a pas arrété le char!
 
[Cette émission a été enregistrée à l'aide d'énor... à l'aide de micros.]

fictions: tuer impossible

août 30th, 2006 § 9 Commentaires

 
 
Tu es impossible…
 
L’expérience s’achève donc pour laisser l’impossible à ce qu’il est: l’impossible.
 
Je sais que tu ne m’aimes pas et que je ne te manque pas.  J’aurais préféré le contraire… Est-ce que ça aurait changé quoi que ce soit?  Non. 
 
Puisque tu es impossible.
 
Je te dis: on arrête le cirque.
Tu réponds stoïquement: d’accord.
 
Il ne faut pas s’en surprendre, tu es impossible.
 
Je suis lucide et je l’ai toujours trop été.  Là est mon angoisse: le vide, l’impossible.
 
Tu es impossible, tu es angoisse.
 
Demain ou après-demain, je me souviendrai de toi comme d’un catalyseur de vide…
 
…et comme d’un être impossible.
 
Leurre quand tu nous tiens!
 
 
 
Faustroll
 

Faustroll rencontre Alter Ego, en rêve

août 19th, 2006 § 20 Commentaires

 
(par une nuit noire, rencontre invisible)
 
 
Faustroll: C’est vous? Alter Ego?  Mais pourquoi vous renconter ici et maintenant?
 
Alter Ego: D’abord Alter Ego n’est pas mon nom.  Est-ce un fantasme que vous poursuivez?
 
Faustroll: Je le crains fort.  La vie est un agrégat de fantasmes.  Vous le savez, fantasme et fantôme ont la même étymologie.
 
Alter Ego:  Vous avez défiguré mon nom par vos projections.  C’est osé. 
 
Faustroll: Je ne m’en excuse pas.  L’imbrication des fantômes est chose rare; l’erreur, commune.  Je vais sonner le réveil.
 
Alter Ego:  Non!  Ne partez pas!  Patience!  Peut-être que l’assemblage de vos fantômes et des miens créera une géométrie parfaite?
 
Faustroll: Aucune étude n’a prouvé cela.  Pas même les miennes.
 
Alter Ego:  Vous y croyez?  N’y croyez pas?
 
Faustroll: Croire est une brèche à la lucidité.  C’est une ombre, une ombre essentielle, peut-être.
 
Alter Ego:  Vous voulez y croire?
 
Faustroll:  Certes, dans la mesure où la volonté en ces contrées est aussi inutile que futile.  Dites-moi seulement, cette rencontre, pourquoi ici et maintenant?  Sur quelle route étiez-vous?
 
Alter Ego:  Une route lugubre cernée d’orgueil et d’utopie.  Je l’ai quittée par les magnétismes du hasard, j’imagine.  Restez encore un peu.  Ces magnétismes sont d’une complexité indicible.
 
Faustroll: Oui, je reste, par attraction.  Où irons-nous?  Dites-moi.
 
Alter Ego:  Les maux nous le diront.  Ils nous définiront.  Nous serons illusion ou pas selon leur bon vouloir.  Je n’en sais rien, les maux sont maîtres.
 
Faustroll: C’est vous qui le dites, moi je vous… 
 

 

 

Faustroll rencontre… la mère de tous les mots

juillet 7th, 2006 § 34 Commentaires

[Cette semaine à Faustroll rencontre... nous recevons la mère de tous les mots.  Dans l'assistance se trouvent 800 de ses enfants négligés.  Il servent en effet très peu et peuvent s'offrir plus que d'autres une petite sortie.  D'autant plus que Faustroll a un penchant pour les négligés hors-normes.  On aperçoit "kaléidoscope" en première rangée, impossible de le manquer, surtout pour "pute" qui est placée juste derrière.]

  
Faustroll: "Bonjour chers mots de toutes natures.  Je suis vraiment enchanté de votre présence ici ce soir."
 
(Chacun s’exprime à sa façon, en manifestant sa représentation phonétique propre.  On remarque que Capharnaüm est très à
l’aise dans ce tumulte.)
 
Faustroll: "Ce soir à Faustroll rencontre, nous recevons votre mère… la mère de tous les mots!  Très sainte mère, nous
sommes honorés de vous recevoir ici.  Comment allez-vous?"
 
La mère de tous les mots: "Je suis un peu fatiguée, mais je vais bien."
 
Faustroll: "Vous avez une progéniture incroyablement nombreuse… Comment faites-vous pour y arriver, dans le quotidien?"
 
La mère de tous les mots: "Vous savez, une fois nés, je m’occupe très peu de mes rejetons.  Je voudrais bien, mais je n’ai tout simplement pas le temps."
 
Faustroll: "Vous voulez dire que vos enfants sont abandonnés à eux mêmes?"
 
La mère de tous les mots: "Hélas, oui.  Je n’y peux rien.  Évidemment certains tournent mal, tandis que d’autres deviennent des célébrités."
 
Faustroll: "Des célébrités, mais à quel prix…"
 
La mère de tous les mots: "Je sais, ils se dénaturent et se vident de leur sens, c’est le prix de la gloire."
 
Faustroll: "C’est tragique."
 
La mère de tous les mots: "En effet."
 
Faustroll: "Il y en a aussi qui vieillissent mal!"
 
La mère de tous les mots: "Oui, c’est attristant de voir cela, mais c’est la vie dans ce monde.  Laissez-moi vous raconter une petite blague…."
 
Faustroll: "Avec joie mère!  Allez-y!"
 
(Elle s’adresse à l’assistance)
 
La mère de tous les mots: "On dit que vous êtes tous bloqués à la phase orale!"
 
(seul le mot "rire" rit)
 
Faustroll: "Vous avez du talent.  Mais… que se passe-t-il?"
 
La mère de tous les mots: "Je viens de donner naissance à un autre mot."
 
Faustroll: "Comment s’épelle-t-il?"
 
La mère de tous les mots: "Il s’épelle t-r-a-n-s-c-o-m-m-u-n-i-o-n, et son sens devra encore maturer un peu."
 
Faustroll: "Il est arrivé par voie naturelle, donc."
 
La mère de tous les mots: "Pas du tout!  Il a fallu que je me l’arrache contre-naturellement."
 
Faustroll: "Prendriez-vous un anti-douleur quelconque?"
 
La mère de tous les mots: "Vous voulez rire?  Après des millions de naissances, on est un peu insensibilisé si vous voulez savoir.  C’est pas comme le père…"
 
Faustroll: "Oui le père, parlez-nous-en un peu.  Où est-il celui-là?"
 
La mère de tous les mots: "Il est insaisissable le père.  Il va et il vient, en moi, hors moi.  C’est un homme de sens vous savez!  Un sentifique!"
 
Faustroll: "Sentifique?"
 
La mère de tous les mots: "Ça vient de naître ça aussi…"
 
Faustroll: "Mère de tous les mots, j’aurais une autre question pour vous. Une question très sérieuse."
 
La mère de tous les mots: "Allez-y."
 
Faustroll: "Êtes-vous la mère de Bris-de-Communication?"
 
La mère de tous les mots: "Oui, on en rejette souvent la faute sur moi.  C’est tout à fait absurde.  Je suis responsable des mots qui se disent mais ceux qui ne se disent pas, là, non.  Le mots sont là, libre-service, alors on se sert."
 
Faustroll: "Peut-être l’avez vous remarqué: "mots" et "maux" se disent de la même façon.  Pourrait-on dire que vous n’êtes, qu’en fait, que la mère de tous les maux?"
 
(La mère vient de pondre quelques nouveaux jurons gras et atroces.  Elle entre dans une colère terrible.  Elle tente même d’ingurgiter Faustroll pour le faire disparaître à jamais!  Mais Faustroll est un futé…  Il arrive in extremis à mettre le mot "bombe" dans la bouche de la mère à sa place, à la place du mot "Faustroll".  L’explosion la détruit dans le fracas.  La mère de tous les maux a été démasquée.  Faustroll nous en a débarrassé.)
 
(Pause inutile dans la narration)
(Faustroll, en compagnie du cadavre exquis éparpillé s’adresse à l’assistance désoeuvrée.)
 
Faustroll: "Cher mots, ne paniquez pas.  Votre mère avait deux visages.  Elle pouvait créer et détruire dans le même souffle.  Désormais il n’y aura plus de nouveaux mots ni de nouveaux maux.  Est-ce mieux?  Est-ce pire?  Seul le temps nous le dira."
 
(pause)
 
Faustroll: "Je ne saurais vous dire chers auditeurs, si le futur sera préférable au passé.  Comment savoir?  Ne disposons-nous pas déjà de suffisamment de mots pour se dire l’essentiel?"
 
(pause)
 
Faustroll: "Ce sera tout pour cette semaine.  Rentrez chez vous et ayez une pensée pour Igor, la dernière victime de la mère de tous les maux."
 
[Propos recueillis par Faustroll lui-même à l'aide d'énormes micros.] 

étoile fixe

juillet 2nd, 2006 § 23 Commentaires

Monsieur le Chef de Bureau: De combien de mots disposons-nous toujours Kapitaine?
 
Kapitaine Faustroll: Environ 1500, mais la chute est rapide.  Le débit tue.
 
MLCDB: Ce sera suffisant pour accomplir notre mission?
 
KF: Je crains que non, il faudra du renfort puisque c’est une étoile fixe.
 
MLCDB: Vous êtes un expert du faux-fuyant des tons, Kapitaine.  Vous saurez trouver.
 
KF:  En vérité je cherche une bulle.  Une bulle à mots.  Très lourde avec des couleurs flamboyantes.
 
MLCDB: Où peut-on en commander?
 
KF:  Les bulles à mots ne se commandent pas, il faut engager des flutteurs pour les construire dans l’adversité des sens.  Les flutteurs verbo-mateurs.
 
MLCDB:  Des flutteurs… c’est évident.  Où donc avais-je la tête?
 
KF:  Laissez cette tête là où elle est!  Lancez plutôt les recherches! Il ne reste plus que 800 mots!  Le temps est notre ennemi.  Le satané verbe nous aura tous réduit au silence. 
 
MLCDB: (S’adressant aux Loupmanoïdes)  Trouvez-nous des flutteurs!  Kapitaine Faustroll le sexyge!
Loupmanoïde 1: Shhhhhhhhhhhhhhhhhhhh…
 
Loupmanoïde 2: Shhhhhhhfleecyhhhhhhh…
 
Loupmanoïde 3: Shhhhhhhhhhhhhhhhhhhh…
(Les Loupmanoïdes se dispersent rapidement les esprits.)
 
KF: Taisons-nous.  Le compteur ne tournera plus.  Attendons les flutteurs.
 
(Après quelques spasmes les Loupmanoïdes reviennent à eux avec des flutteurs autour du cou.)
Loupmanoïde 1: Krrrrrrrrrrrrrrrrrrrr…
 
Loupmanoïde 6: Krrrrrrrmuguetrrrrrrr…
 
Loupmanoïde 7: Krrrrrrrrrrrrrrrrrrrr…
KF: Reliez les flutteurs à la génératrice de marguerites!  Appuyez fermement sur le pustule!
 
(La flutte des flutteurs débute dans le chaos à la cerise.)
KF: Ça y’est! Ah nous pouvons à nouveau parler sans gène, le compteur remonte!
 
MLCDB: Joie! Il y a des bulles partout!
 
KF: N’avait-on pas une mission, Monsieur le Chef de Bureau?
 
MLCDB: Mais enfin…. Admirez donc ces bulles à mots!
 
KF: Ces bulles à mythes, oui.
 
(Feux d’artifice.)

Faustroll rencontre… Ludwig

mars 25th, 2006 § 24 Commentaires

 
 
[Cette semaine à Faustroll rencontre... nous recevons Ludwig. Dans l'assistance se trouvent 800 philosophes se rasant mutuellement de près. Il y a aussi un enclos spécialement aménagé avec quelques chèvres d'oeuvre alpestres.  Les chèvres sont Autrichiennes dans leur fin fond d'elles-mêmes, leur bêlement a quelque chose de guttural.]
 
 
Faustroll: "Bonjour chèvres, visiteurs philosophes."
 
(Faibles applaudissements bêlés de la part d’une assistance d’identité génétiquement diverse.  On sert des
herbes fraîches et de la cervelle de chevreuil en glaçon.)
 
Faustroll: "Ce soir à Faustroll rencontre, nous recevons Ludwig.  Ludwig est un éminent philosophe.  Venez Ludwig que je vous serve une poignée de main rigoureuse pour votre venue à notre émission hebdomadaire.  Alors, bonsoir Ludwig. Comment allez-vous?"
 
Ludwig: "Très bien Faustroll, j’aime bien vous écouter à la radio.  Vous êtes fin causeur!  Comment vous
portez-vous?"
 
Faustroll: "Pas trop mal, je prends les choses avec philosophie."
 
Ludwig: "Eh bien, moi c’est exactement le contraire!"
 
(rires généralisés, l’auditoire se met à lancer des cahiers bruns en signe d’appréciation.  La philosophie analytique a ses propres rites.)
 
Faustroll: "Quelle entrée en matière!  Parlons de vos bouquins si vous le voulez bien."
 
Ludwig: "Volontiers.  Mais évitez de ramener sur le tapis les nombreuses publication posthumes, ça me rend un peut nostalgique, vous savez."
 
(Faustroll adopte une attitude feinte)
 
Faustroll: "Bien sûr, je comprends.  C’est une requête toute… naturelle."
 
Ludwig: "Merci…"
 
Faustroll: "Alors parlons de ce fameux bouquin, le Tractatus logico-balnéocantatophile.  Beau bouquin!  Jolie couverture!"
 
Ludwig: "Euh… je suis confus, vous voulez dire logico-philosophicus, le Tractatus logico-philosophicus!  J’ai travaillé suffisament fort pour trouver ce titre, il ne faudrait pas tout gâcher quand-même…"
 
(La foule réagit assez mal à l’impertinence de Faustroll et se met à lancer férocement, cette fois, des cahiers bleus.  Les balayeurs sont invités à remettre de l’ordre dans le studio.)
 
Faustroll: (blessé dans son amour-propre) "Vous aviez pourtant compris de quoi je voulais parler tout de même…"
 
(Ludwig serre les dents en répétant sans cesse, imité par la foule: )
 
Ludwig: "Phi-lo-so-phi-cus!  Phi-lo-so-phi-cus!  Phi-lo-so-phi-cus!  Phi-lo-so-phi-cus!"
 
Faustroll: "Du calme! Faut pas le prendre mal, là!"
 
(Les gardes s’approchent, voient que la situation n’est pas si terrible, et bifurquent pour aller nourrir les chèvres.  Elles raffolent du cahier brun.)
 
Faustroll: "Bon, dans ce bouquin vous dites cette merveilleuse phrase: ‘Ce dont on ne peut chanter, il faut le taire.’  C’est très bien!  Subtil et tout!"
 
Ludwig: "Il faudrait faire attention Faustroll, très attention.  On ne peut pas impunément changer un mot pour un autre et espérer la gloire!"
 
Faustroll: "Que dites vous là?"
 
Ludwig: "Je dis que vous avez encore tout bousillé, salaud.  On dit: ‘Ce dont on ne peut parler, il faut le taire.’  Ainsi va la fin de mon bouquin."
 
Faustroll: "Vous croyez?  J’ai dû citer de mémoire.  C’est moins marrant comme ça.  Est-ce si grave?  C’est presque la même chose.  Personne ne verrait la différence!"
 
Ludwig: "Je suis convaincu qui si, au contraire.  On ne peut pas changer un mot par un autre sans conséquences.  Si, par exemple, au lieu de vous appeler ‘Faustroll’ je vous appelait ‘Fauvrecon’.  Est-ce que votre identité fondamentale en serait affectée?"
 
(rires, chez les chèvres uniquement.  Leur forme de vie leur apporte un sens de l’humour distinct du philosophe généraliste.)
 
Faustroll: (avec arrogance) "Faudrait voir…"
 
Ludwig: "Ça y est.  C’est décidé.  Je ne vous écouterai plus jamais à la radio.  Vous êtes un grossier personnage."
 
(Faustroll ferme son micro quelques instants et dit quelque chose à l’oreille de Ludwig qui, apparemment, le met hors de lui.  Les deux hommes entreprennent une surprenante démonstration d’arts martiaux.  Beau spectacle, mais il n’y a pas de véritable gagnant.  Les belligérants se saluent puis s’assoient de nouveau, calmés.  Les gardes ont tout manqué, toujours occupés à nourrir les chèvres avec du cahier brun frais.)
 
Faustroll: "(reprenant sont souffle)  Parlons d’autre chose si vous le voulez bien."
 
(Ludwig n’a pas à reprendre le sien puisqu’il l’a déjà rendu pour de bon.  Il se contente de vérifier l’état de sa tignasse avec un petit miroir portatif.  Il vérifie aussi si son aisselle n’a pas trop suinté avec cette activité physique imprévue.  Tous est en ordre.  Il relève la tête et dit: )
 
Ludwig: "D’accord."
 
Faustroll: "Parfait.  Vous avez cette théorie, la fameuse théorie des jeux de langues.  Cette théorie m’a l’air vraiment sexy.  Vous devez être un maître dans l’art du baiser!  On devait se bousculer aux portes de vos séminaires!  Vous pouvez nous en parler un peu?"
 
(Ludwig montre des signes de découragement.)
 
Ludwig: "Vous avez tout faux."
 
Faustroll: "Comment?  Vous ne donnez pas un kiss de haut calibre?  J’avais prévu une démonstration!  Vous gâchez le spectacle!"
 
Ludwig: "Vous êtes minable.  C’est la théorie des jeux de langage.  Oubliez l’organe de votre infecte démonstratrice, on fait de la phi-lo-so-phie ici!  De la phi-lo-so-phie! Bon sang!"
 
(Ludwig se lève en furie.  Il quitte la salle suivi de près par les chèvres et les philosophes.  En quelques instants tous sont partis.  En fait tous sauf une… celle qui était fort déçue de ne pas faire la démonstration prévue au programme de la journée.  Faustroll prend soin de fermer les micros pour la délectable suite…)
 
 
[Propos et baisers recueillis par Faustroll lui-même à l'aide d'énormes micros et d'une démonstratrice, ma foi, fort compétente.]
 
 
 

Faustroll rencontre… Socrate

décembre 5th, 2005 § 21 Commentaires

FAUSTROLL
 
Mon bon Socrate, j’ai grand besoin de tes sages conseils.  Peux-tu m’aider?  je t’en prie!
 
SOCRATE
 
Soit, je le veux bien.
 
FAUSTROLL
 
Grand Dieu!  Merci!  Ce matin, en sautillant clopin-clopant dans le quartier des péripatéticiennes, j’ai aperçu un billet de 100… je veux dire une pièce d’or, par terre.  Je l’ai alors prise et mise dans ma poche.  Devrais-je le garder cet argent, maître?  Je veux dire, moralement?
 
SOCRATE
 
Tu le peux, si tu l’as trouvé.
 
FAUSTROLL
 
Et si son propriétaire le réclame?
 
SOCRATE
 
Essaye de me le faire voir.
 
FAUSTROLL
 
Je n’ai pas la moindre idée de qui il s’agit, Socrate.
 
SOCRATE
 
Et celui qui l’as perdu, il ne l’a pas jeté volontairement par terre, je présume.
 
FAUSTROLL
 
Il faudrait être fou.  100 dol… je veux dire une pièce d’or, c’est pas rien!
 
SOCRATE
 
Je vais te le dire. Nous admettons qu’il y a des gens qui sont malades, n’est-ce pas?
 
FAUSTROLL
 
Oui, mais je ne vois pas le rapport.
 
SOCRATE
 
Poursuivons.
 
FAUSTROLL
 
Socrate, j’ai du mal à vous suivre.
 
SOCRATE
 
Tout mal d’yeux te paraît être une maladie?
 
FAUSTROLL
 
Pas vraiment, si on se met le doigt dans l’oeil accidentellement, ce n’est pas une maladie.
 
SOCRATE
 
Poursuivons.
 
FAUSTROLL
 
Euh… si on le fait volontairement c’est une maladie?
 
SOCRATE
 
Que préférerais-tu? Boîter volontairement ou involontairement?
 
FAUSTROLL
 
Je déteste boîter!  Je me fais ridiculiser!  Je ne préférerais ni l’un ni l’autre!  Je me passerais bien de ces malotrus…
 
SOCRATE
 
N’est-ce pas ceux qui ne savent ni l’un ni l’autre?
 
FAUSTROLL
 
Il y en a qui ne savent ni boîter ni conserver leur argent?
 
SOCRATE
 
C’est juste.
 
FAUSTROLL
 
Je n’étais pas au courant de cela.
 
SOCRATE
 
C’est cependant une conséquence évidente de ce qui a été dit.
 
FAUSTROLL
 
 
SOCRATE
 
En cette matière y en a-t-il quelque autre qui excelle?
 
FAUSTROLL
 
Dans l’art de ne pas boîter j’en connais plusieurs…
 
SOCRATE
 
Le bon coureur n’est-il pas celui qui court bien, et le mauvais, celui qui court mal?
 
FAUSTROLL
 
Là, je suis d’accord… Mais ce n’est pas très gentil.
 
SOCRATE
 
Eh bien, essaye de m’imiter.
 
FAUSTROLL
 
J’en suis bien incapable!
 
SOCRATE
 
Est-ce que courir n’est pas faire quelque chose?
 
FAUSTROLL
 
Bien entendu Socrate, ceux qui ne font rien ne courent pas!  Ils écoutent la rad… je veux dire le bruit des coquillages s’ils sont trop myopes pour regarder la té… je veux dire la mer au loin, vers la Crête.
 
SOCRATE
 
Et la myopie n’est-elle pas un défaut des yeux?
 
FAUSTROLL
 
Bien sûr, une fâcheuse maladie!  Il y a aussi la kaléidoscopie.
 
SOCRATE
 
C’est donc celle-ci la meilleure pour le tir à l’arc?
 
FAUSTROLL
 
Sans correction, à n’en point douter Socrate.
 
SOCRATE
 
Quel est donc cet art?
 
FAUSTROLL
 
L’art de la correction?  Euh… c’est un adjuvant visuel.  Un esclave, en quelque sorte.
 
SOCRATE
 
Alors, tu veux parler de ce que doit dire un esclave?
 
FAUSTROLL
 
Non, je parle de l’esclave visuel…
 
SOCRATE
 
Et dans l’oeil par lequel nous voyons, n’y a-t-il pas aussi quelque chose de cette sorte?
 
FAUSTROLL
 
Un kaléidoscope?
 
SOCRATE
 
C’est juste.
 
FAUSTROLL
 
Pas tout à fait.  La kaléiodoscopie est à moitié dans l’oeil, à moitié dans la tête.
 
SOCRATE
 
Continue maintenant.
 
FAUSTROLL
 
C’est une façon de voir le monde, les fous qui l’habitent…
 
SOCRATE
 
Voilà qui est vraiment honteux.
 
FAUSTROLL
 
Je ne ridiculise personne, et je dis la vérité!
 
SOCRATE
 
Ainsi un homme qui est incapable de mentir et qui est ignorant ne saurait être un menteur?
 
FAUSTROLL
 
C’est une insulte?  Tu me traites de menteur?
 
SOCRATE
 
Je dis ce que je dis.
 
FAUSTROLL
 
Bon… nous parlions donc des pathologies de l’oeil.  Il y a: la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme, la presbytie, la kaléidoscopie, et j’en passe…  Peu importe…
 
SOCRATE
 
Comment peux-tu dire qu’il n’importe en rien?
 
FAUSTROLL
 
J’étais venu pour avoir un conseil moral de ta part, Socrate, et tu m’insultes.  Je suis infirme, je boîte, mais c’est la faute à ce genou.  Mon âme est intacte.
 
SOCRATE
 
C’est de l’âme qu’il faut prendre soin et que c’est cela qu’il faut avoir en vue.
 
FAUSTROLL
 
C’est précisément pour cela que je suis venu te voir.  Mon âme souffre à cause de ce billet… je veux dire cette pièce d’or!
 
SOCRATE
 
Réfléchis avec moi.
 
FAUSTROLL
 
Je réfléchis avec toi.  Mon âme souffrante s’ouvre à ta sagesse.
 
SOCRATE
 
Dans l’âme, pouvons-nous trouver une partie plus divine que celle où résident la connaissance et la pensée?
 
FAUSTROLL
 
Non, certes, tu as raison.
 
SOCRATE
 
N’en est-il pas de même pour l’âme du chien et de tous les autres animaux?
 
FAUSTROLL
 
Le chien souffre aussi de l’âme?
 
SOCRATE
 
Tu ne crois pas que ce soit possible?
 
FAUSTROLL
 
Oui, mais… Je suis un peu surpris de la comparaison voilà tout.
 
SOCRATE
 
N’en conviens-tu pas?
 
FAUSTROLL
 
Me comparer à un chien, tout de même…  Le chien a quatre pattes qui forment un rectangle sur le sol.  Et c’est un animal pas du tout politique! 
 
SOCRATE
 
N’es-tu pas expert en géométrie aussi?
 
FAUSTROLL
 
Oui, on le prétend.
 
SOCRATE
 
Alors son âme est meilleure.
 
FAUSTROLL
 
Ton raisonnement est tordu Socrate.  Insensé!  Insensé!
 
SOCRATE
 
Et qui regardes-tu comme insensés?
 
FAUSTROLL
 
Toi Socrate, que toi.  Tu compares mon âme à celle d’un chien!  Comment a t-on pu croire en ta sagesse si longtemps?
 
SOCRATE
 
Je vais te le dire.
 
FAUSTROLL
 
Non, MOI je vais te le dire.  Écoute-moi bien:
 
SOCRATE
 
Faisons de ce point l’objet de notre discours: il y a bien un art général de la peinture?
 
FAUSTROLL
 
Pas de tentative de diversion!
 
SOCRATE
 
Mais quoi!
 
FAUSTROLL
 
Alors voici: tu n’es que la marionnette de Vanderklutz.
 
SOCRATE
 
Qui? Comment s’appelle-t-il?
 
FAUSTROLL
 
Il se nomme Vanderklutz. C’est lui qui a fait tout ça.  
 
SOCRATE
 
On a donc toujours la puissance de faire ce qu’on fait?
 
FAUSTROLL
 
Vanderklutz l’a, lui, effectivement.  Du moins je l’interprète ainsi.
 
SOCRATE
 
Alors vous êtes des interprètes d’interprètes?
 
FAUSTROLL
 
Exact.
 
SOCRATE
 
Continue maintenant.
 
FAUSTROLL
 
Non, je t’abandonnes ici.  J’ai mieux à faire, je m’en vais dépenser ma pièce d’or, je veux dire mes 100 dollars.  Adieu.
 

Le fil des ennuis

novembre 15th, 2005 § 16 Commentaires

Philomène, couturière polyvalente, tenait des propos décousus.

Philomène: “Une maille à l’endroit!  Deux mailles à l’envers!”

L’inspecteur Faustroll cherchait à suivre le fil de la déposition de Philomène, mais c’était peine perdue.  La pauvre dame était sous le choc.  Faustroll tenta à nouveau d’obtenir des détails sur le mystérieux agresseur.

Philomène: “Trois mailles à l’endroit!  Quatre mailles à l’envers!”

L’inspecteur était perplexe.

Inspecteur Faustroll: “Son trouble va croissant!  Madame, allons!  Votre déposition est essentielle.  Seul votre témoignage permettra à l’enquête de progresser!”

Philomène: “Cinq mailles à l’endroit!  Six mailles à l’envers!”

Faustroll se tourna vers Bostroll, neuf ans, stagiaire dans le service se police de Philadelphie.  C’est indéniable, neuf ans c’est très jeune pour être flic.  Que voulez-vous!  Faustroll à beaucoup d’influence parmi les chefs de file de l’administration locale.  Il regarde toujours Bostroll et ne lui demande pas son avis car sait qu’il va le lui donner de toute façon.  Ça y est:

Bostroll: “Eh!  Pourquoi pas connecter son cerveau avec une machine spéciale qui va extraire ses pensées par un voyage cybernétique dans le temps hyper court?”

Philomène: “Sept mailles à l’endroit!  Huit mailles à l’envers!”

Inspecteur Faustroll: “Non Bostroll.  Dans la police on doit cogner, cogner, cogner.”

Bostroll: “Ah! Merci cher bis-bis-aïeul! Steak, blé d’Inde, patate.  Cogner, cogner, cogner.”

Soudain l’impensable se produisit:

Philomène: “Je n’ai plus de fil! Je n‘ai plus de fil!”

L’inspecteur replaça rapidement son immense micro près de la victime.  Il est maintenant orné d’une jolie dentelle sexy, grâce à Philomène.  Il tente une dernière fois d’interroger la victime avant de passer au plan B: cogner, cogner, cogner.

Inspecteur Faustroll: “Madame, dites-nous ce qui s’est passé ce matin.  Pouvez-vous identifier votre agresseur?  M’entendez-vous?”

Philomène: “La réception n’a jamais été si bonne monsieur!  Ah!  Quel joli micro!  Il est vraiment très gros celui-là!”

Inspecteur Faustroll: “Merci madame.  Qui vous a mis dans cet état?”

Philomène: “Un type avec une affreuse moustache filasse… Quelle brute, vraiment!  Un type qui n’a pas inventé le fil à couper le beurre…”

La femme raconta son histoire: le filou avait électrocuté la malheureuse avec des fils électriques branchés sur la génératrice qu’il portait dans son sac à dos.  Il avait également un immense bidon d’essence sur la tête pour alimenter la génératrice.  Ce dernier item facilitera sans doute l’identification du suspect.
Inspecteur Faustroll: “C’est lui, c’est ce satané Мышъ!”

L’inspecteur Faustroll était en filature depuis déjà 20 minutes.  Un gros coup était dans l’air.
Inspecteur Faustroll: “Nous allons le retrouver!”

Bostroll en voulant essayer sa nouvelle machine (il ne demande jamais la permission celui-là), frola Philomène.  Il la frola suffisament pour que Faustroll remarque que Philomène portait un masque!  Il s’empressa de le découdre à l’aide de sa matraque.  Il retira le masque de Philomène et quelques-unes de ses dents.  Sous le masque se trouvait une tête affreuse avec une moustache filasse.  Le bidon d’essence de 40 litres était maintenant bien visible.

Plus de doute possible!  Philomène est Мышъ!

Inspecteur Faustroll: “Au nom de la loi je vous cogne, cogne, cogne!”

Eclatante victoire (encore une fois) pour le service de police de Philadelphie.  Il y avait un grave complot pour trafic de bobines de fil qui se tramait.  La sécurité du pays était menacée.  Non! L’inspecteur Faustroll ne laissera jamais une telle chose se produire!  Vous êtes en sécurité avec lui!  Dites-le haut et fort! Merci inspecteur!

Faustroll rencontre… Frank

octobre 18th, 2005 § 12 Commentaires

 
[Cette semaine à Faustroll rencontre... nous recevons Frank. Dans l'assistance se trouvent 800 zappatrides zappathiques. Aucun drapeau ne flotte au plafond du Studio 4.  Personne n'en fait de cas.]
 
 
Faustroll: "Bonjour chers visiteurs."
 
(Faibles applaudissements.  On ne sent pas que l’assistance a un attachement particulier pour cet endroit.  Ici ou ailleurs…)
 
Faustroll: "Ce soir à Faustroll rencontre, nous recevons Frank.  Frank est un mort.  Nous le recevons avec plaisir et chaleur à notre émission hebdomadaire.  Alors, bonsoir Frank.  Comment allez-vous?"
 
Frank: "Je souiss’ tress’ bonne.  Et vouss’?"
 
Faustroll: "Très bien merci. Si vous le voulez bien nous allons débuter rapidement.  J’ai beaucoup de questions de première importance à vous poser.  Vous êtes prêt?"
 
Frank: "Absolutement!"
 
Faustroll: "Bon. J’y vais. Pourquoi avez-vous un si long cou?  Etait-ce nécessaire pour projeter votre fiel sur les bien-pensants?"
 
Frank: "Oh Well…  Dedans le commencement je croyais pour sûr que la longue cou allait produce un effect vraiment bonne pour le play guitar."
 
Faustroll: "Comment?  Vous jouez de la guitare?  Mais c’est un instrument mineur!  Moi qui vous croyait compositeur.  Et mort!  C’est extrêmement décevant."
 
Frank: "Mais je souiss’ composteur!  Je souiss’ ensemble composteur et player de le guitar!"
 
(N’ayant pas d’instrument à portée de main pour s’exprimer, Frank fait une démonstration de ses talents sans guitare.  Il se lève et se met à faire un solo virtuel qui dure pendant plus de 10 minutes.  La foule est ébahie devant tant de virtuosité.  Il termine son solo aérien sur un joli accord tristounet en la mineur avant de sauvagement fracasser son instrument sur la tête d’un spectateur.  Il sourit, fait une révérence aux spectateurs, serre la main de son assistant d’un jour qui ne souffre même pas d’une égratignure.  Il revient s’asseoir près de Faustroll, souriant.)
 
Faustroll: "Peu importe.  Revenons à l’essentiel.  Parlez-moi de votre cou.  Est-ce un cou naturellement long ou bien vous avez reçu une greffe?"
 
(Frank réflechit longuement avant de répondre.  Il cherche comment répondre adéquatement à la question.  Finalement, il fait signe qu’il est prêt.)
 
Faustroll: "Allez-y, nous vous écoutons, Frank."
 
(Plutôt que de parler, Frank préfère mimer; et pour faire comprendre sa douleur lors de la délicate opération d’élongation de son cou, Frank jappa.  Il jappa avec tant de ferveur que le gardes de sécurité durent intervenir.  Frank continue son théatre et se tient le cou à deux main en hurlant, en sortant la langue et en bavant abondamment.  Il se fait prendre par l’intensité de son propre jeu, ce qui, l’instant d’un flash, le fait souffrir d’incontinence.  Chose qui ne passa pas inaperçue vu la couleur blanche de ses pantalons.  Dégoutés, les gardes s’éloignent.)
 
Faustroll: "Calmez-vous Frank!  Vous mouillez votre pantalon!"
 
(Frank s’arrête subitement, donne un angle de 90 degrés à ce cou dont il est si fier, réalise les dégats et éclate de rire.)
 
Frank: "Tu savez, il ne pass’ falloir manger le neige jaune!"
 
(Frank, fier de son coup, s’enfonce l’index bien profondément dans la narine gauche pour se récompenser.)
 
(Faustroll, outré, songe à prendre sa retraite sur le champ.  Self-control.  Self-control.  Pour tenir le coup, il sort ses lunettes roses de sa poche ventrale.  Cette heureuse initiative le fait changer de ton envers tonton Frank; sa perception de la vie change également de ton. Il la voit désormais en rose.)
 
Faustroll: "Frank, dites-moi, quand vous répétez les mots de Varèse…"
 
(En provenance de la coulisse.)
 
Varèse: "Les compositeurs d’aujoud’hui refusent de mourir!"
 
(Les yeux de Frank s’illuminent.  Il cherche Edgard du regard, le repère, devient fou de joie.)
 
Frank: "Oh!  Edgard!  C’est toi!!  Je te retrouve en final, all right!!!"
 
(La foule applaudit puisqu’on leur demande par clignotement.  Personne ne connait ce type.)
 
Frank: "Quel beau surprise!"
 
Faustroll: "Frank, dites-moi.  C’est bien de refuser de mourir, je vous l’accorde.  Mais n’étais-ce pas un peu prétentieux de votre part?"
 
 Frank: "Oh, of course, mais tu savez, le important aujour’, c’est de être avec EDGARD! Yesssss!!!"
 
Faustroll: (décontenancé) "Ah bon…"
 
(Faustroll se tourne maintenant vers l’assistance. Il enlève ses lunettes.) 
 
Faustroll: "Et bien, ce sera tout pour ce soir.  Merci d’avoir participé à cette émission de Faustroll rencontre.  Merci à Frank et à notre invité surprise Edgard pour leur brève apparition dans le monde des vivants… A la semaine prochaine."
 
[Propos recueillis par Faustroll lui-même à l'aide d'énormes micros]
   
 
 
 

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